dimanche 19 juin 2011

Qu'est-ce qui cloche au Marché St-Jacques?

ma copine et moi sommes allés au marché st-jacques coin ontario et amherst. première visite à la recherche d'un gâteau. revenus les mains vides et une fort mauvaise impression des lieux.

on n'était peut-être pas à l'heure d'achalandage, mais l'atmosphère était tellement frette. atmosphère de centre d'achats plutôt que d'un marché. des portes d'entrée comme dans les supermarchés, murs beiges, aucune plante, tentative ratée d'installer des tables au centre et éclairage au néon me semble. de plus l'ambiance même d'un "marché" est ratée puisqu'on ne peut pas on ne peut pas le traverser de bord, bref avoir l'impression de s'y promener et faire des découvertes. entendre de la muzak ne m'aurait même pas surpris en de tels lieux. un article du Devoir évoque  la revitalisation récente de façon similaire: "en fait, il faut voir ici un minicentre commercial alimentaire regroupant quelques boutiques de qualité beaucoup plus qu'un vrai marché de quartier."

voyant les légumes vendues à l'extérieur, ma copine eut la nette intuition que qu'on avait bien plus affaire à un "vendeur" qu'à un producteur. une intuition qui s'avère toute fondée.

en fouillant un peu, j'ai pu réalisé qu'il n'y pas que l'ambiance qui porte à réfléchir. l'historique récent du marché et de ses locataires est assez tendu. dès 1871, l'emplacement est utilisé comme marché public. le bâtiment qui sied au coin ontario/amherst est construit en 1931, mais en 2006 la ville le vend au promoteur privé Rosdev. en plus de la vocation commerciale du rez-de-chausée, il y a aussi des espaces à bureaux aux étages. avec le désengagement total de la ville de montréal avec le marché public, donc la privatisation complète, les loyers ont augmenté de façon indécente. ainsi la "cohabitation" entre les commerçants privés à l'intérieur et ceux à l'extérieur, dont l'espace est loué par la Corporation de gestion des marchés publics de Montréal (CGMPM), n'était plus possible et le privé l'a emporté. c'est la raison pourquoi la marchand de fruits et légumes n'est plus le même.

en effet, le producteur Claude Plouffe qui occupait l'espace extérieur auparavant a dû quitter faute de moyens financier et d'implication de la part de la ville. il a ainsi dû déplacer ses activités et plusieurs de ses clients boycottent depuis le nouveau locataire du marché.  le site internet Marché Saint-Jacques de Claude Plouffe y va d'ailleurs d'un bel historique cinglant de la la situation.

bref, l'atmosphère frette n'y est pas pour rien. le "marché" saint-jacques n'est en fait que le produit d'une entreprise privée qui tente de profiter d'un concept public autrement plus citoyen. et les organismes de la ville de Montréal sont clairement à blâmer dans ce dossier.

ah oui, même le logo du "marché" est lette.

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